Notre premier cours d’éducation canine

Lorsque Bulle est arrivée à la maison, je souhaitais rejoindre un club d’éducation canine, d’une part pour apprendre comment l’éduquer un minimum et de l’autre pour la phase de socialisation. Ne voulant pas trop m’éloigner de la maison, je n’ai pas voulu suivre des conseils donnés concernant le choix du club et de sa méthode. J’ai préféré en tester un dont on m’avait parlé, à 10min de chez moi. A l’époque, je ne savais pas ce qu’était un club en méthode douce ou en méthode traditionnelle. Je vous laisse deviner laquelle des deux méthodes était employée pour notre premier cours avec Bulle… Et c’est en à peine une heure de cours que j’ai pu constater ces points qui m’ont déplu et qui m’ont fait réaliser que nous n’y avions pas notre place :

  • La laisse du chiot ne peut pas être attachée au harnais mais au collier;
  • Il faut utiliser une laisse courte;
  • Si le chiot n’écoute pas et refuse les friandises c’est certainement que je l’ai nourrie avant le cours.
  • Si le chiot nous mordille, il faut lui mordre l’oreille pour lui faire comprendre qu’il ne peut pas mordiller;
  • Pour le rappel du chien, on ne peut pas l’appeler par son nom.

Après ce cours, j’avais un sentiment de contrainte. L’éducateur m’a imposé certaines choses avec lesquelles j’étais en désaccord et auxquelles j’ai dû céder pour continuer le cours. Pour commencer, je n’attache jamais mon chien à son collier. C’est un choix personnel et je préfère lui faire porter un harnais. Ensuite, la laisse que j’utilisais était une laisse d’apprentissage d’à peu près 1,50m, donc de taille moyenne et devenue trop courte pour le club d’éducation suivant. Bulle n’avait pas été nourrie avant de participer à ce cours. C’était juste un jeune chiot qui participait à son premier cours d’éducation et qui avait envie de jouer, de découvrir… il y a plusieurs facteurs qui font qu’un chien/chiot n’est pas réceptif… c’était trop facile de dire que c’était de ma faute.

Comme la plupart des gens adoptant leur premier chiot,  à la question de l’éducateur « Rencontrez-vous des problèmes avec votre chiot« , j’ai posé la question que presque tout le monde pose : « Mon chien me mordille, que dois-je faire?« . C’est là que l’éducateur m’a conseillé de mordre l’oreille de mon chien… Sur le moment, face à une personne censée être expérimentée pour nous conseiller, nous sommes en droit de nous demander si elle n’a pas raison, si l’on ne devrait pas essayer d’appliquer ses conseils. Pourtant je n’ai jamais voulu agir comme cela. Aujourd’hui, je pense à toutes ces personnes qui écoutent les conseils d’un éducateur canin et qui les appliquent, sans même se demander si d’autres solutions plus positives ne seraient pas plus bénéfiques. Bien sûr, il y à des gens à qui cette méthode convient très bien … mais je reste persuadée qu’elle n’est pas la meilleure pour nos compagnons à quatre pattes. En tout cas pour Bulle et moi, ce fut le seul cours en méthode traditionnelle auquel nous avons participé. Et je sais que nous n’y avons pas vécu le pire.

La semaine suivante je me rendais au club dont je suis membre depuis 2016 et c’est un réel plaisir de participer aux cours.

Syrah et ses amis en séance de jeu

Ma rencontre avec ce grand monsieur

J’ai commencé cet article en expliquant que je ne connaissais pas la différence entre les deux méthodes mais je connaissais au moins une chose en positif : le clicker training. Lorsque je vivais toujours chez maman, elle éduquait ses chiens avec cette méthode. J’étais donc déjà munie de mon clicker et de friandises pour ce premier cours en méthode douce.

Au loin, j’ai aperçu ce grand monsieur à la mine sympathique nommé Patrick, l’éducateur canin. Durant ce cours, Il n’y a eut de contrainte ni pour Bulle, ni pour moi. Je pouvais l’attacher où je le souhaitais, le mieux étant de  laisser la laisse la plus longue possible et de ne pas tirer dessus. Ce fut un chouette moment entre Bulle et moi. Il y avait un temps pour apprendre, et un temps pour jouer avec les autres chiots.

Nina en apprentissage au club d’éducation Robert Lebaron

Lorsque les chiens sont en liberté, c’est là que Patrick partage ses précieux conseils sur les chiens en général, puis sur la méthode d’éducation, notamment comment travailler le chien à la maison.Finalement, si le chien n’écoute pas bien en cours, ce n’est pas grave. Le principal c’est avant tout l’apprentissage de l’humain à faire les exercices correctement afin d’être répétés à la maison.

J’apprécie énormément cette méthode et l’ambiance qui règne au club… alors après plusieurs mois, lorsque Patrick a cherché des personnes intéressées d’apprendre son métier afin de l’aider en tant que moniteur, j’ai répondu présente. J’écoute ses conseils, j’essaye de les appliquer au mieux et de maîtriser cette méthode qui semble si facile et pourtant qui demande autant de réflexion de la part du maître que de la part du chien. Pour une forte tête comme moi, la remise en question n’est pas toujours évidente, alors cette philosophie de vie qu’est la méthode positive m’offre également la possibilité de faire un travail sur moi-même.

Tia dans le jeu entre deux exercices

Témoignages

Convaincue par la méthode positive, je me suis demandée si d’autres membres du club avaient, eux aussi, test une autre méthode. J’ai recueilli pas mal de témoignages qui ne font que renforcer ma conviction. J’ai souhaité vous en partager quelques uns :

« J‘ai opté pour la méthode douce avec ma chienne Twisty car j’ai vu ce qui se faisait en méthode traditionnelle et ça m’a vraiment dégoûtée (…) voir des chiens se faire tirer par le collier pour avancer, recevoir des coups de sonnette et des jets de citronnelle quand ils n’écoutent pas et obliger les maîtres à utiliser des colliers à piques , ça ne me tente pas du tout ! Chaque chien mérite qu’on le respecte et qu’on le traite avec humanité (…) Combien de fois faudra-t-il faire comprendre aux gens que traiter un animal avec douceur et amour, et non lui faire peur pour qu’il écoute, nous apportera son respect et une certaine complicité avec lui ! » Amelyne

« J’ai fait du traditionnel avec mon Boxer, Quito. (…) il n’avait pas vraiment l’envie d’apprendre.  . Il ne pouvait pas dire bonjour à ses congénères et n’était pas vraiment socialisé (…) un apprentissage  dont il avait pourtant besoin. Après avoir réagi face à l’agression d’un autre chien, Quito fut forcé de porter une muselière, ce qui a empiré les choses. Il ne se sentait pas bien et a rencontré beaucoup de soucis avec les autres chiens. Grâce à la socialisation qu’il a eut au club Robert Lebaron, il a appris les codes canins et les comprend plus vite. En méthode traditionnelle, un étrangleur et une laisse courte étaient obligatoire. Ici on peut choisir : collier ou harnais. Aujourd’hui, mon chien est plus heureux et moi aussi. L’apprentissage est plus relax. Avant, je devais mettre mon chien sur le dos et je n’aimais pas de faire cela avec un boxer de 36kg qui ne se laissait pas faire (…). Là où j’habitais c’était le club le plus recommandé. Alors lorsque tu adoptes ton premier chien, tu ne te poses pas trop de questions et tu y vas. Et quand ça ne va plus, il n’y à plus personne pour t’aider… » Mars

« Je vais au club traditionnel depuis plus de vingt ans (…) mais pas de colliers étrangleurs, ni sous la contrainte physique, ni réprimandes… cela ne me correspond pas (…) je n’obtiendrais rien d’eux sous la manière forte (…) jusque là pas de déclics pour moi.
Puis j’ai eu Falyah. Elle s’est avérée être un chiot différent, déjà réactive en laisse. Pareil : pas de colliers étrangleurs, toujours le harnais.
Contrairement à Argan, je remarque que Falyah ne gagne pas en confiance par rapport à ses congénères, particulièrement en laisse. Elle bosse super bien mais… cela commence à ne plus être en accord avec le confort que je veux pour mes chiens et moi. J’ai ,malgré tout, de la chance par rapport aux autres, on me connaît, on connaît mes principes et donc on me respecte ainsi que mes chiens, pas le cas pour  « monsieur tout le monde » qui n’y connaît rien et fait confiance. (…) Beaucoup de tension et de stress autour du terrain. Logique, nous avons ordre de tenir nos chiens court afin qu’ils n’aient pas de contact physique avec les autres. On peut imaginer le message que nous faisons passer aux chiens… (…). Arrivés sur le terrain, la tension est palpable entre certains chiens. Ouf, on ne les lâche pas: à coup sûr, c’est le carton.
Certains se fâchent durement sur leur chien. Pas de coups mais plaquage au sol, parfois. Je ne leur en veux pas, ils ne savent pas. Il faudrait que quelqu’un leur explique. Les gens n’ont pas toujours conscience du mauvais message qu’ils font passer à leur chien, pensant seulement bien faire… J’en veux plus aux moniteurs qui sont censés apprendre aux gens ce qu’est un chien, ce qu’est une attitude, un comportement…et là, rien!
Une fois en cours adulte, les chiens n’ont plus de contact entre eux, plus d’échanges… J’avais la chance d’être dans un groupe où le moniteur refusait le collier étrangleur à pics mais ce n’est pas le cas dans tous les niveaux.
J’ai vu des attitudes pas chouettes du tout , certains moniteurs refusent ces comportements, d’autres non ( parce qu’ils sont ignorants autant que les membres).
(…) on agit physiquement sur un comportement mais il n’y a jamais de recherches à comprendre le comportement du chien, ni d’explications sensées auprès des maîtres, bien souvent dépassés. On agit par habitude, pas coutume mais pas par connaissances de l’animal (…) on pousse sur l’arrière train du chien pour l’asseoir, on met son pied sur la laisse pour l’obliger à descendre pour le coucher, des coups de sonnettes pour la marche au pied,..mais précision: il y a de la récompense alimentaire tout de même.
(…) Je vois des chiots de cinq mois arriver avec des colliers à pics. C’est normal! Personne ne réagit! Je me demande toujours ce que les maîtres comptent leur mettre quand ils seront adultes…
(…) On peut conclure que tout ce qui est langage du chien, comportement, réflexion, n’est pas ou très peu le fil conducteur des clubs dits traditionnels. La complicité entre l’homme et l’animal est réduite à son minimum.
J’ai donc décidé pour Falyah d’aller dans un club en positif pour lui réapprendre à communiquer et à circuler sereinement parmi ses congénères sur un terrain (qui était devenu un endroit anxiogène) car pour moi, il est essentiel et plus important d’avoir un chien à l’aise avec d’autres chiens avec une bonne communication que d’avoir un petit soldat coupé de son monde canin. (…) Chacun sa route, chacun son chemin et tous à son propre rythme. » Kathleen

« Là où j’habitais tout le monde me parlait d’un club qui était proche de chez moi. Je n’avais pas encore mon chiot border collie. Ce qui m’a marqué quand je suis allée voir pour la première fois un cours, c’était les gens qui hurlaient sur les chiens les positionnaient en rang d’oignon. Je n’avais pas un bon feeling. (…) il y a un truc que j’ai toujours retenu : plus tu cries moins ils t’écoutent. Bref je me retrouve à chercher un autre club sur internet puis à passer 3 fois devant  sans trouver l’entrée. Quand enfin je me gare, je n’entends rien. Pas un cri, pas un aboiement…juste des clics et encore des clics pour finalement voir des gens avec des chiens qui jouent ensemble. Un grand monsieur m’a accueillie et je l’ai trouvé sympa. Donc je suis revenue avec mon premier border, Néo et c’était super. (…) Et puis j’ai eu mon accident avec mon ami poilu et il est parti beaucoup trop jeune. Quelques mois se sont écoulés et Patrick, victime de son succès, recherchait des aidants. Je me suis lancée pour l’aider et surtout pour qu’il m’enseigne les bases. Mieux, ce club m’a permis de sortir la tête hors de l’eau car je culpabilisais beaucoup de la mort de mon chien. Et les mois passant, j’ai repris goût à avoir un contact avec un chien et surtout à surmonter ma culpabilité. J’ai repris un border, un petit fauve prénommé Syrah et je suis ,comme mon chien, toujours impatiente de retrouver le club le samedi car la méthode est géniale et les gens sont super. Pour qu’un chien s’éclate il faut que le maître s’éclate avec lui. » Sophie